La croissance économique du continent africain va connaître une accélération pour atteindre 3,8 % en 2024, et se consolidera à 4,2 % en 2025. Ce sont là les prévisions du Rapport « Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique », publié le vendredi 16 février 2024 par la Banque africaine de développement (BAD).
Le document explique que « l’Afrique reste la deuxième région ayant la croissance la plus rapide, après l’Asie, dépassant les 3 % de la moyenne mondiale en 2023, et le continent devrait compter 11 des 20 économies affichant la croissance la plus rapide au monde en 2024 ». Ces onze pays sont le Niger, le Sénégal, la Lybie, le Rwanda, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Bénin, Djibouti, la Tanzanie, le Togo et l’Ouganda.
Il s’agit là d’une nouvelle dynamique qui se manifeste notamment par une intensification des investissements dans les secteurs porteurs de croissance. Qu’est ce qui explique ce nouveau positionnement de l’Afrique malgré l’environnement économique mondial instable ?
Pour Kevin Urama, économiste en chef et vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement, « la croissance des économies africaines les plus performantes a bénéficié d’une série de facteurs, notamment la diminution de la dépendance à l’égard des matières premières grâce à la diversification économique ». Il s’exprimait à l’occasion de la présentation des principales conclusions du rapport de la BAD.
« L’augmentation des investissements stratégiques dans les secteurs de croissance clés, la hausse de la consommation publique et privée, ainsi que des évolutions positives sur les principaux marchés d’exportation », sont aussi d’autres facteurs qui expliquent la croissance des économies en Afrique poursuit-il. Pour arriver à un rythme de croissance rapide, il fallait un renforcement des politiques sectorielles qui favorisent un développement endogène à plusieurs niveaux, un développement qui ne s’appuie pas exclusivement sur les ressources naturelles, selon M. Urama.
« La croissance économique est soutenue par un fort rebond des dépenses d’investissement dans les infrastructures, un redémarrage du nombre d’arrivées de touristes après la pandémie de la Covid-19 et les gains apportés par la diversification économique », explique dans l’avant-propos du rapport, Dr Akinwumi Adesina, président du Groupe de la BAD. Il a confirmé ces résultats, le jeudi 29 février 2024, lors de son déjeuner annuel avec les ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques ainsi que les représentants d’organisations internationales basées à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Malgré cette embellie, on peut se demander si l’économie africaine pourra résister face aux nombreux chocs endogènes et exogènes qui pourraient perturber son ascension fulgurante. Les conflits internationaux, les tensions géopolitiques mondiales peuvent anéantir l’ensemble des progrès qui ont été jusque-là réalisés.
« La croissance économique de l’Afrique devrait retrouver une vigueur modérée tant que l’économie mondiale résistera, que la désinflation se poursuivra, que les investissements dans les projets d’infrastructure resteront soutenus et que les progrès en matière de restructuration de la dette et d’assainissement budgétaire se poursuivront », a expliqué Kevin Urama.
Le rapport « Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique » de la BAD est un document semestriel qui paraît au premier et au quatrième trimestre de chaque année. Il présente les performances macroéconomiques récentes des pays en tenant compte de la dynamique de l’économie mondiale.
Bertin Aly Thiaw, M2.
